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Les tétées se doivent d'être nutritives et bien complètes avec un bébé-RGO, car chaque tétée est aussi à l'origine d'un retour du reflux 1h après...
le but est donc de donner un maximum de lait gras, un repas qui cale bien, et de ne redonner ainsi "que" quand bébé aura faim à nouveau, pas quand il demandera à être soulagé.
NB : ces conseils sont difficiles à appliquer les premières semaines, bébé est très demandeur les premiers temps et c'est important aussi pour l'allaitement. Il a besoin de tétées rapprochées, qu'il ait un RGO ou pas, et comme son estomac sécrète encore peu d'acide, c'est peu gênant de donner aussi souvent qu'il en a besoin (en faisant attention à bien donner le lait gras aussi, pour minimiser les coliques) , cela permet aussi de bien installer son allaitement. Au fil du temps, on sent qu'il prend des tétées plus copieuses, qu'il est capable de tenir plus longtemps entre deux tétées et même qu'il a besoin d'espacer un peu plus, car, son estomac sécrétant davantage d'acide, chaque tétée est suivie, 3/4 d'heure après, d'un "retour de flamme" de reflux. C'est à ce moment, lorsqu'on sent qu'il est important de ne pas entrer dans ce cercle vicieux, qu'il peut être utile de suivre les conseils qui vont suivre.
Petit aparté, pour obtenir des tétées bien nutritives: avant de changer de côté, bien laisser téter un sein jusqu'à ce qu'il n'y ait que des bruits de déglutition très espacés dans le temps, c'est le signe que la tétée de ce côté est bien complète. Au besoin pratiquer la "compression" mammaire, qui consiste à appuyer légèrement sur le sein avec toute la main, comme sur une poire à chantilly pour aider le travail de bébé et permettre au lait de couler plus vite et donc de garder sa motivation à téter, même quand le lait est bien "gras" et coule doucement.
En effet, si on donne une tétée légère, une qui endort et soulage (que c'est beau de les voir ainsi apaisés, quasi "shootés" et sereins, pendant 45 minutes), le bébé se réveillera probablement en hurlant au bout de 3/4 d'h alors qu'il aurait eu besoin de dormir plus... et à ce moment là, la tétée précédente ayant été assez légère du fait de son besoin de dormir, il est alors impossible de le soulager autrement que par une nouvelle tétée... qui sera aussi "légère" car la faim est là, mais modérée, et le sommeil gagne vite dès le soulagement obtenu... tout cela pourrait se vivre, finalement, ça fait des pauses de 3/4 d'h vous me direz, mais à chaque réveil bébé se prend une grosse remontée acide et ça c'est pas bon du tout pour son oesophage... en plus il ne tête du coup qu'une majorité de pré-lait, riche en lactose, peu nourrissant, du coup il aura besoin de plus grandes quantités sur une journée, donc davantage de reflux, et en plus le lactose favorise les coliques, les ballonnements, gaz, les rôts et donc le reflux... Voilà, le but, donc, c'est de casser ce cercle vicieux en tentant de donner un repas complet, de profiter des 3/4 d'h de soulagement pour faire faire les rots en écharpe, changer bébé sans trop de cris, et, lorsque les 3/4 d'h sont passés et que bébé est bien crevé et que ses douleurs recommencent (car la sécrétion acide qui digère le repas a repris le dessus), se trouver dans la situation la plus favorable possible : bébé en écharpe, on lui donne le Gaviscon® pour protéger son oesophage et on tente de l'endormir... en espérant que ça tienne le temps d'un cycle de sommeil (1h30 généralement), jusqu'à la prochaine tétée, et en se disant qu'en tout cas, il devrait moins souffrir des acidités puisqu'on a tout fait pour l'en protéger (rots sortis, pansement donné...) et donc que son dodo et son réveil seront plus sereins...
Avec ce que je viens d'expliquer, on arrive parfois à obtenir un dodo serein d'1h30 après avoir "travaillé" (tétée + portage) 1h30... ce qui peut faire plus de deux heures entre deux tétées, mais il n'y a rien d'automatique dans tout ça, à maman de sentir ces caps : d'abord un bébé qui tête jusqu'à satiété, si besoin avec gratouillages pour l'empêcher de s'endormir avant; puis un bébé soulagé pendant les 3/4 d'h que l'acide met à reprendre le dessus sur le lait apaisant; puis les douleurs qui reviennent. Si à ce moment on arrive à l'endormir plutôt qu'à lui redonner la tétée, on a gagné sur le cercle vicieux (car ensuite il est + serein, plus de retour de grosses douleurs car pas de nouveau repas... ce qui le réveillera sera a priori la faim... même si chez les bébés-RGO la faim est souvent teintée de reflux, mais bon, ne compliquons pas tout tout de suite !), mais c'est comme un pari en quelque sorte... mais un pari que, pour ma part, je me sentais obligée de tenter car je voyais bien que des tétées quasi non stop, toutes les 1h30, même en donnant plusieurs fois le même sein, ça nous entraînait vers toujours plus de douleurs...
Connaître ces astuces et le fonctionnement de l'allaitement avec les contraintes du RGO, c'est un bon moyen d'éviter un des risques que je trouve les plus graves dans ce cas : mettre à mal voire mettre fin à son allaitement contre sa volonté, par peur de manquer de lait, par confusion sein-tétine (si on pense qu'on manque de lait et qu'on commence à donner des compléments par exemple), à cause de l'amplification du reflux qu'un allaitement mal informé peut provoquer (je l'ai vécu, je chronométrais les tétées pour mon aîné, et du coup il ne buvait qu'une majorité de prélait... c'est le site de La Leche League qui m'a permis de comprendre cela). Attention aussi aux conseils de certains professionnels mal informés sur l'allaitement, parfois, qui vous disent d'espacer systématiquement les tétées de 3h par exemple : vous l'avez compris, il n'y a pas de règle pré-établie, c'est à la maman de s'adapter à son bébé et à son rythme pour réduire au maximum ses souffrances. Tenter d'imposer des horaires stricts et arbitraires comporte le risque de déséquilibrer le lien mère-enfant de l'allaitement et d'aboutir à une diminution de lactation, donc à un sevrage plus précoce que souhaité. Grâce à ces informations et mon expérience, que j'essaie de transmettre aujourd'hui, j'ai pu continuer l'allaitement malgré les moments difficiles, et je profite, aujourd'hui que mon fils a deux ans, de ses avantages uniquement !
Remarque : bien que controversée parfois, la tétine aussi peut aider à apaiser un bébé qui a mal et qui a besoin de "tétouiller" pour se soulager (car pour un bébé-RGO, tétouiller le sein c'est raviver les douleurs à court terme). Je n'ai pas eu la chance qu'il l'acceptent mais j'aurais bien aimé parfois... Petite frustration naturelle aussi : les tétées-câlins c'est pas possible avec un enfant à RGO interne... mais ça n'empêche pas les câlins tout court !
Alors bonnes tétées et bon maternage à tous...
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