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Réglementation de l'étiquetage des ingrédients allergènes
Liste des aliments allergènes majeurs (réglementation du 1er juin 2009): - Céréales contenant du gluten (à savoir blé, seigle, orge, avoine, épeautre, kamut ou leurs souches hybridées) et produits à base de ces céréales. - Crustacés et produits à base de crustacés. - Oeufs et produits à base d'oeufs. - Poissons et produits à base de poissons. - Arachides et produits à base d'arachides. - Soja et produits à base de soja. - Lait et produits à base de lait (y compris le lactose). - Fruits à coque, à savoir amandes, noisettes, noix, noix de cajou, noix de pécan, noix du Brésil, pistaches, noix de Macadamia et noix du Queensland, et produits à base de ces fruits. - Céleri et produits à base de céleri. - Moutarde et produits à base de moutarde. - Graines de sésame et produits à base de graines de sésame. - Anhydride sulfureux et sulfites en concentrations de plus de 10 mg/kg ou 10 mg/litre exprimées en SO2. - Lupin et produits à base de lupin. - Mollusques et produits à base de mollusques.
Il ne figure dans cette liste que les allergènes dont les effets sont à la fois strictement prouvés, fréquents et graves. Les autres allergènes ne sont pas soumis à obligation d'étiquetage. 1
La réglementation européenne rend obligatoire l'étiquetage de ces ingrédients allergènes majeurs ( Directive 2003/89/CE et Directive 2007/68/CE). Elle vise les ingrédients et substances mis en oeuvre volontairement, quelle que soit leur quantité, et toujours présents dans le produit fini. Elle ne concerne ni la présence fortuite, ni les produits non pré-emballés.
Quelles que soient les dérogations applicables (certains aliments étaient par exemple dispensés d'étiquetage comme les chocolats, fromages, vins...), la présence de ces allergènes ou de leurs dérivés devra être indiquée dans l'étiquetage avec une claire référence à leur origine (ex.: "lécithine de soja", "vin de noix" ou "contient des sulfites"). La présence de ces allergènes devra être signalée, même lorsqu'ils sont introduits comme ingrédient d'arôme ou support d'additif ("arôme (blé)"). 1
Les ingrédients dérivés d'allergènes majeurs qui n'ont plus d'allergénicité résiduelle pourront continuer à être étiquetés sans référence à leur origine (par ex. "dextrose" et non "dextrose de blé"). 1
Les industriels n'ont pas l'obligation de déclarer la présence fortuite d'allergène lors du stockage ou de l'emballage des denrées. Certaines annotations comme "peut contenir des traces de" ou "fabriqué dans un atelier qui utilise" ou "présence éventuelle de", ont été mises en place à l’initiative des entreprises du secteur agroalimentaire. Ils faut savoir qu'elles sont établies en dehors de toute législation et ne sont pas obligatoires. Malheureusement, elles permettent ni d'avoir une information plus précise, ni d'interpréter correctement la présence ou l'absence d'étiquetage préventif. Allergies alimentaires et étiquetage de précaution (pages 9+58)
Dérogations d'étiquetage : Liste des ingrédients devant figurer sur l’étiquetage des denrées alimentaires : 1. Céréales contenant du gluten (à savoir blé, seigle, orge, avoine, épeautre, kamut ou leurs souches hybridées) et produits à base de ces céréales, à l’exception: a) Des sirops de glucose à base de blé, y compris le dextrose (1); b) Des maltodextrines à base de blé (1); c) Des sirops de glucose à base d’orge; d) Des céréales utilisées pour la fabrication de distillats ou d’alcool éthylique d’origine agricole pour les boissons spiritueuses et d’autres boissons alcooliques. 2. Crustacés et produits à base de crustacés. 3. Œufs et produits à base d’œufs. 4. Poissons et produits à base de poissons, à l’exception: a) De la gélatine de poisson utilisée comme support pour les préparations de vitamines ou de caroténoïdes; b) De la gélatine de poisson ou de l’ichtyocolle utilisée comme agent de clarification dans la bière et le vin. 5. Arachides et produits à base d’arachides. 6. Soja et produits à base de soja, à l’exception: a) De l’huile et de la graisse de soja entièrement raffinées (1); b) Des tocophérols mixtes naturels (E306), du D-alpha-tocophérol naturel, de l’acétate de D-alpha-tocophéryl naturel et du succinate de D-alpha-tocophéryl naturel dérivés du soja; c) Des phytostérols et des esters de phytostérol dérivés d’huiles végétales de soja; d) De l’ester de stanol végétal produit à partir de stérols dérivés d’huiles végétales de soja. 7. Lait et produits à base de lait (y compris le lactose), à l’exception: a) Du lactosérum utilisé pour la fabrication de distillats ou d’alcool éthylique d’origine agricole pour les boissons spiritueuses et d’autres boissons alcooliques; b) Du lactitol. 8. Fruits à coque, à savoir amandes (Amygdalus communis L.), noisettes (Corylusavellana), noix (Juglans regia), noix de cajou (Anacardium occidentale), noix de pécan [Carya illinoiesis (Wangenh.) K. Koch], noix du Brésil (Bertholletia excelsa), pistaches (Pistacia vera), noix de Macadamia et noix du Queensland (Macadamia ternifolia), et produits à base de ces fruits, à l’exception: a) Des fruits à coque utilisés pour la fabrication de distillats ou d’alcool éthylique d’origine agricole pour les boissons spiritueuses et d’autres boissons alcooliques. 9. Céleri et produits à base de céleri. 10. Moutarde et produits à base de moutarde. 11. Graines de sésame et produits à base de graines de sésame. 12. Anhydride sulfureux et sulfites en concentrations de plus de 10 mg/kg ou 10 mg/litre exprimées en SO2. 13. Lupin et produits à base de lupin. 14. Mollusques et produits à base de mollusques. Les exceptions mentionnées aux a et bdu 1 et au adu 6 s’appliquent également aux produits dérivés, dans la mesure où la transformation qu’ils ont subie n’est pas susceptible d’élever le niveau d’allergénicité évalué par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (European Food Safety Authority) pour le produit de base dont ils sont dérivés.» 2
1 Informations tirées du site de l'AFPRAL http://allergies.afpral.fr/vivre-avec-une-allergie/etiquetage/62-etiquetage-connaitre-lessentiel.html 2 Extrait du Décret no 2008-1153 du 7 novembre 2008 modifiant l’annexe IV mentionnée à l’article R.112-16-1 du code de la consommation, concernant la liste des ingrédients allergènes majeurs devant figurer sur l’étiquetage des denrées alimentaires
Comprendre les pièges de l'étiquetage
Les individus les plus sensibles, régissant à d’infimes traces, doivent avoir une grande méfiance vis à vis des denrées du commerce :
- Parce que les aliments allergènes majeurs (lait, œuf, blé), qui sont la base de notre alimentation occidentale, sont très largement utilisés dans la préparation des denrées commercialisées. Aliments allergènes majeurs dont l'étiquetage est obligatoire
- Parce qu’il y a une multitude d’additifs ajoutés, eux-mêmes pouvant être fabriqués à partir d’allergènes majeurs, dont la composition est difficile à établir (ex. le support des arômes et des vitamines est très souvent issu du blé ou du maïs, parfois même de l'arachide). Allergènes : les additifs, colorants, conservateurs Liste rouge des additifs alimentaires dangereux Répertoire de tous les additifs alimentaires
- Parce que les procédés de fabrication et de stockage n’excluent pas la possible contamination d’un aliment par un autre (résidus d’huile utilisée pour lubrifier un moule, chaîne de fabrication servant à la production de différentes céréales, cuves qui servent alternativement à la fabrication de différents produits) ou la présence d’un aliment caché. Réglementation et risques liés aux procédés de fabrication agroalimentaire (pages 30+31+56+58)
- Parce que toutes les étapes de préparation d'un aliment peuvent avoir une influence sur le potentiel allergène d'un aliment. Tous les traitements thermiques, industriels ou culinaires, ou autres (lavage, pelage, modification de pH, fractionnement, fermentation, émulsification, cuisson, etc), peuvent modifier le caractère allergisant d'un ingrédient. Ainsi, certains allergènes sont inhibés ou au contraire dévoilés.
- Parce que la recette d’une denrée alimentaire peut varier (changement de fournisseur de matière première, changements d’ingrédients, remplacement d’amande par des cacahuètes qui sont beaucoup moins chères, chair de crabe remplacée par de la chair de poisson surimi) sans que l’étiquette soit modifiée immédiatement.
- Parce que la réglementation de l’étiquetage (directive européenne 2000/13/CE) n’est pas assez précise et qu’elle prévoit, par exemple, une dérogation d’étiquetage pour certains ingrédients qui interviennent en très faible quantité (moins de 5%, depuis 2005 la règle des 25% a été abolie) : cacao, chocolat, miel, certains sucres, jus de fruits, certains laits de conserve partiellement ou totalement déshydratés, extraits de café et de chicorée, confitures, marmelades de fruits et crèmes de marrons, les vins et spiritueux, préparations de sauces et de moutarde, mélanges d’épices ou de plantes aromatiques, enrobages à base de gluten pour les fruits et légumes. Cette mention particulière ne concerne pas les allergènes majeurs qui, eux, doivent être obligatoirement notés sur l'étiquette des denrées qui en contiennent (cf. paragraphe précédent). Evolution de la réglementation de l'étiquetage Points faibles de l'actuelle réglementation de l'étiquetage
D’autres aliments sont eux directement dispensés d’étiquetage : les fruits et légumes frais, les eaux gazéifiées, les vinaigres de fermentation si pas d’adjonction d’autre ingrédient, les vins, les fromages, beurre, laits et crèmes fermentés si pas d’adjonction autre que produits lactés, enzymes ou cultures de micro-organismes, les produits ou aliments constitués d’un seul ingrédient. Etiquetage des denrées alimentaires (pages 58+56)
- Parce que l’utilisation de la mention "garanti sans …" n’exclue pas la présence fortuite d’allergènes dans ces produits. En effet, certaines entreprises qui ont recours à cet étiquetage, garantissent l’absence d’utilisation volontaire de certains ingrédients (ex. "sans gluten") dans leur recettes, mais ne peuvent certifier l’absence de présence fortuite d’allergènes. Etiquetage de certains aliments "sans" (page 55)
- Parce que certaines annotations comme "Peut contenir des traces de" ou "Fabriqué dans un atelier qui utilise" ou "Présence éventuelle de", ont été mises en place à l’initiative des entreprises du secteur agroalimentaire en dehors de toute législation et ne permettent pas d'avoir une information plus précise. Allergies alimentaires et étiquetage de précaution (pages 9+58)
- Parce que des dérivés d’ingrédients allergènes majeurs mentionnés "sans" (amidon sans gluten), peuvent quand même faire réagir les plus sensibles, en particulier en cas d’intolérance alimentaire aigüe. Ils peuvent contenir des traces allergisantes de par leur procédé de fabrication (lactose comportant des traces de protéines de lait de vache, maltodextrines et dextrose de blé avec traces de gluten).
- Parce que les OGM (Organisme Génétiquement Modifié) peuvent induire des réactions allergiques chez certains individus (exemple du soja transgénique qui contenait un des allergènes de la noix de cajou). Les OGM font l’objet d’une "veille allergique". OGM et allergie alimentaire (page 48) Le point sur les OGM Guide des produits avec ou sans OGM
Conseils aux personnes hypersensibles :
- Lisez toutes les étiquettes de ce que vous allez ingérer (aliments, médicaments, cosmétiques http://leflacon.free.fr/ comme le dentifrice par exemple) à la recherche des aliments ou des additifs qui vous font réagir (cf. les fiches pratique allergie). - N’achetez pas si vous avez un doute sur l’étiquetage ou s’il est imprécis. Appelez les services consommateur pour obtenir des renseignements complémentaires. - Evitez de consommer des plats prêts à l’emploi et autres denrées de l’industrie agroalimentaire. Ils contiennent souvent des ingrédients trop nombreux, dont des allergènes potentiels. - Privilégiez plutôt les denrées avec peu d’ingrédients ou à ingrédient unique (jus de fruit 100% fruits sans arômes ni vitamines; du sucre 100% sucre plutôt que du sucre colorisé, caramélisé, voire aromatisé parfois à base de blé; une huile végétale simple plutôt qu’une margarine composée d’une variété d’huiles dont des ingrédients à base de lait). - Cuisinez au maximum par vous même avec des aliments frais et non transformés. Vous pourrez ainsi mieux contrôler ce qui compose vos repas et éviter le risque d’exposition à des allergènes cachés. - Privilégiez l'alimentation biologique qui utilise des procédés de fabrication souvent moins complexes et induit ainsi un risque moindre d'exposition à des allergènes cachés, même s'il n'est pas exclu. La réglementation en agriculture biologique
Déchiffrer les étiquettes de composition
Lorsqu'on est allergique ou intolérant alimentaire, il est important de prendre le temps de lire la composition de ce que l'on achète. Lorsqu'on a le moindre doute, et en fonction de la gravité de la réaction allergique, il est préférable de s'abstenir d'acheter. L'on peut aussi appeler les services consommateurs afin d'obtenir plus de précisions sur la composition d'un produit. Chez les personnes très sensibles et réagissant à d'infimes traces de l'allergène, il est même parfois nécessaire de contacter les marques de produits de substitution à la recherche d'éventuelles contaminations fortuites. Les services consommateurs sont plus ou moins sensibilisés aux problèmes de l'allergie en fonction des marques et les informations données ne sont pas toujours satisfaisantes.
Nous vous invitons à consulter les liens suivants pour vous permettre de repérer plus facilement les ingrédients à éviter et à traquer sur les étiquettes d'emballage : Eviction : Aliments et additifs à exclure Allergies croisées et famille d’allergènes alimentaires Comment lire les étiquettes alimentaires ? Décrypter les pièges des étiquettes Mémo pour savoir comment lire les étiquettes
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